Je me fais plaisir... à la Ksiegarnia Polska
Fondée en 1833, la librairie polonaise possède un fonds littéraire d’une rare richesse à destination des Polonais de Paris et à tous ceux qui s’intéressent à la riche culture littéraire de Pologne.
Un bastion contestataire
Suite à une insurrection manquée contre la Russie tzariste, une première vague d’émigration politique quitte la Pologne vers 1800-1833 pour s’établir à Paris. Il s’agit, dans l’ensemble, d’aristocrates et de lettrés qui se mettent rapidement en quête de lieux de rassemblement culturels, artistiques et politiques. Une bibliothèque ouvre donc ses portes sur l’île Saint-Louis. À la même époque, Eustachy Januszkiewicz, l’un des membres de cette intelligentsia bannie ou exilée, fonde la Ksiegarnia polska, qui va notamment permettre au poète et écrivain Adam Mickiewicz de diffuser son œuvre.
Un témoin de l’histoire parisienne moderne
Cette librairie va connaître un destin itinérant jusqu’à la fin du XIXe siècle, ne se fixant sur le boulevard Saint-Germain qu’à partir de 1925. A cette époque le quartier, à l’instar de Montparnasse, devient le centre névralgique de la vie culturelle et artistique parisienne. Aux prises une fois de plus avec les remous politiques, la Librairie polonaise est fermée par les Allemands durant l’Occupation et son directeur, Tadeusz Pajor, déporté. Stanislaw Lam reprend la Librairie et, durant la Guerre Froide, l’établissement va de nouveau servir d’instrument de contestation face au régime en place à Varsovie. De fait, de petits livres, censurés en Pologne et édités en France, aux États-Unis ou en Grande-Bretagne par exemple, y circulent sous le manteau avant de gagner clandestinement la mère patrie.
La Ksiegarnia polska au présent
Depuis 1989 la Librairie polonaise s’apparente à une librairie « classique » spécialisée dans les publications étrangères, comme peut l’être par exemple une librairie anglophone. En 1991, l’enseigne s’est vue racheter par Noir sur Blanc, éditeur de littérature de l’Europe de l’Est, et Tomek Michalski, qui y officie depuis six ans, en a repris les rênes, succédant à son père. Au sein de cette structure familiale, il est secondé par un employé qui y travaille à temps plein.
« Tout le monde à une grand-mère polonaise en France »
« Tout le monde à une grand-mère polonaise en France » dit en plaisantant le directeur de la Librairie polonaise. Aussi, si un faible pourcentage de la clientèle est constitué par des Français et des touristes n’ayant rien à voir de près ou de loin avec la Pologne, la majorité s’avère liée d’une manière ou d’une autre à la culture polonophone. C’est que les mariages mixtes sont légion et que la communauté polonaise de Paris compte environ 100 000 personnes si on inclue les enfants de la quatrième génération.
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