Ganesh en toute intimité
Dans les familles indiennes, la fête de Ganesh est un rendez-vous incontournable de l’année. Si la procession parisienne a lieu le 30 août, la fête officielle est célébrée dans les foyers, le 23 août. Reportage à Sarcelles (Val-d’Oise), dans une famille tamoule.

La famille Virapattirane, originaire de Pondichery
Les Virapattirane sont originaires de Pondichéry, dans le sud de l’Inde. Ils vivent en France depuis six ans. Arrivée en 2003 avec ses deux garçons de 14 et 11 ans - Hariprasaph et Aniche - la famille a vécu un temps à Paris. Ce dimanche 23 août, nous sommes accueillis à bras ouverts. Les parents comprennent le français mais le parle mal. C’est Hariprasaph, l’aîné, qui assure la traduction. Pour l’occasion, la mère, Malarvijy, a revêtu un superbe sari bordeaux et or et s’est parée de bijoux. Le père, Virapattirane, porte une tenue blanche traditionnelle.
La statue du dieu Ganesh est installée sur une table avec devant lui un panel de plats et d’épices pour le nettoyer et le nourrir. Des bougies, des fleurs et des bâtons d’encens l’encadrent. En fond sonore, une musique tamoule dédiée à Ganesh où le terme pottri - qui évoque des félicitations ou des remerciements - est répété 1 008 fois ! Juste à côté de la table, un placard avec des icônes de Ganesh, auréolé d’une guirlande de lumières.
Le dieu de la sagesse et de l’éducation
La cérémonie débute par le nettoyage du dieu avec divers aliments : huile, lait, yaourt, santal, orange pressée, panjamiralthan (mélange de raisin, banane et sucre de canne)… A intervalles réguliers, Malarvijy, maîtresse de cérémonie, fait retentir une clochette devant le dieu, avec à la main un plateau où brûle des pastilles, qui se consument entièrement. Sans laisser de cendres. Cette sorte d’encens « nous rappelle notre condition. On vit et on meurt sans laisser de traces ». A chaque aliment versé sur la statue, elle est rincée avec de l’eau.
Une fois le dieu nettoyé, il est temps de l’embellir. La mère marque les armes de Ganesh de kungumam, une poudre de safran rouge. Ganesh est le dieu de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence. Son vâhana (véhicule) est un rat ou une souris. Le dieu est ensuite habillé, décoré d’un mallai (une sorte de collier), d’une guirlande de jasmin et de bijoux en or. « Pour assurer la prospérité du foyer. » L’atmosphère est détendue. Aniche, le plus jeune fils, prend autant de photos que notre photographe ! Malarvijy et son mari nous détaillent les étapes de la cérémonie. Ganesh est prêt à recevoir les offrandes.
Hospitalité et intimité
La table est débarrassée. Ganesh est encadré de deux bananiers, « qui symbolisent la vie, le renouvellement des générations. Car, c’est le seul arbre qui se régénère en faisant pousser un arbuste au pied de son tronc ». Sur deux grandes feuilles de bananiers, la maîtresse de cérémonie place tous les mets dont va se nourrir le dieu : des pois chiches, des flocons de riz, du sucre de canne, des boules de sésame, diverses sortes de beignets, des fruits, un mélange de carottes et d’haricots verts…
Pour clôturer la cérémonie, la mère sonne la clochette dans tout l’appartement et « protège le foyer » en bénissant chaque pièce avec des bâtons d’encens. Toute la famille se recueille mains jointes devant Ganesh avant de se marquer le front de kungumam et de thirunir (poudres rouge et blanche) « pour se rappeler que nous ne sommes que poussière ».
La cérémonie a duré près de deux heures. Les Virapattirane nous invitent à partager le repas. L’hospitalité indienne est de mise, avec séances photos à la clé. Loin du folklore parisien, une cérémonie en toute intimité autour du dieu le plus populaire de l’Inde. Celui qui apporte chance et prospérité…
Crédit photos - Gilles Collignon
Informations pratiques
Pour tout savoir sur la fête de Ganesh et suivre la procession à Paris : www.templeganesh.fr
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