Anne Dieusaert – PBM - 31/03/2008
Découverte

A la découverte du Goethe Institut de Paris

« Qui ne connaît pas de langues étrangères ne sait rien de la sienne. » Cet aphorisme de Goethe pourrait être la devise de l’institut du même nom. Visite guidée en compagnie d’Angelika Ridder, directrice du temple des germanophones-et-philes parisiens

Depuis plus de cinquante ans, le Goethe-Institut est la plus importante institution culturelle de la République Fédérale d’Allemagne au niveau international et ce, grâce à sa présence dans quatre-vingt pays. Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, il a été créé afin de promouvoir la langue allemande à l’étranger, d’encourager la coopération et les échanges, mais aussi de communiquer une image fidèle, représentative, mouvante de l’Allemagne contemporaine, en informant le public de la vie culturelle, sociale et politique du pays. Sous l’égide du ministère allemand des Affaires étrangères et par l’intermédiaire de son réseau mondial, le Goethe-Institut joue un rôle central dans la politique culturelle d’outre-Rhin. Autonome et volontairement apolitique, sa particularité est d’être à la fois un partenaire et un prestataire de services pour tous ceux qui œuvrent pour l’Allemagne, sa langue et sa culture. À une époque où mondialisation ne rime pas nécessairement avec mutuelle compréhension, le Goethe-Institut développe des concepts novateurs pour apporter humanité et richesse des savoirs.

Du neuf, avenue d’Iéna

Après 2 ans de travaux de rénovation d’un coût de 4,7 millions d’euros, le Goethe-Institut de Paris à rouvert ses portes au public le 6 octobre 2007 au cours d’un week-end de faste et de bonne humeur – rappelez-vous cette installation lumineuse de Hans Peter Kuhn le long de l’avenue d’Iéna. Mais, au fond, pourquoi ces travaux ? Depuis sa construction dans les années soixante, l’architecture du lieu devait répondre à de nouveaux défis et permettre un accueil plus ouvert, un apprentissage plus moderne, des perspectives d’action plus larges. Le nouveau design, conçu par le cabinet d’architectes Richter & Piquard, et l’aménagement intérieur font du bâtiment rénové un projet-pilote – spécifiquement pour sa nouvelle bibliothèque. Près de six mois après cette réouverture en fanfare, what’s up ? Angelika Ridder nous assure que ces deux ans « hors les murs » ont été utiles à la réflexion mais aussi pour établir des passerelles durables avec des institutions culturelles au sein même de la capitale.

Une politique plus globale

Selon Angelika Ridder, « l’important pour le Goethe-Institut, vitrine de l’Allemagne, c’est de pouvoir, grâce à une offre riche et variée, éveiller la curiosité du public pour le pays voisin, et être un lieu vivant de rencontre avec la culture allemande à Paris. » Bien sûr, cette rencontre avec l’Allemagne peut être suscitée grâce à des cours d’allemand ou un soutien pédagogique à l’école, mais aussi à travers des débats ou encore suite à la projection de films sous-titrés. Et, dans le cadre innovant de son bâtiment, la directrice considère qu’une meilleure articulation des trois secteurs fondamentaux – cours, activités pédagogiques, programmation culturelle – doit être dorénavant la priorité de son institut. Objectif non dissimulé : travailler dans un sens global pour fidéliser le public (en particulier les jeunes). De nouvelles initiatives concourent dans ce sens : des après-midis sont organisés une fois par semaine pour permettre aux plus petits de se familiariser avec la langue allemande d’une manière ludique. Au-delà du seul domaine linguistique, la diversité des événements proposés par le Goethe-Institut témoigne de l’approche pluridisciplinaire qui préside à cette politique.

Culture en partage

Depuis deux ans, le Goethe-Institut a mis en place de nouveaux et solides partenariats avec plusieurs institutions culturelles prestigieuses. Après Anselm Kiefer, premier invité de Monumenta au Grand Palais, après l’exposition photo « Résonances I » organisée avec le Jeu de Paume et le Musée Folkwang d’Essen, l’actuelle rétrospective au Musée d’Art moderne sur l’œuvre d’A. R. Penck, célèbre peintre et sculpteur originaire de R.D.A, fait figure de grande première..
La programmation du Goethe Institut de Paris suit avec attention les temps forts de l’actualité culturelle : en mars, un débat a été organisé au salon du livre entre l’écrivain allemand Jakob Arjouni et l’Israélien Sayed Kashua, en avril les quatre soirées organisées autour de la Berlinale, mais aussi le thema très complet consacré au quarantième anniversaire de Mai 68 montrent la réactivité de l’auguste institution et sa volonté d’apporter un autre regard sur les réflexions du temps présent.

Écrans

Côté cinéma, les initiatives sont légions pour offrir au public parisien un panorama vivant du septième art d’outre Rhin. Équipée de Dolby, la salle récemment inaugurée apparaît comme la plus appropriée pour découvrir les jeunes réalisateurs de l’actuel renouveau cinématographique. Organisées avec le concours d’Arte, les récentes avant-premières du Libre arbitre de Matthias Glasner, de Désir (s) de Valeska Gert ou de Mon Führer : la vérité vraiment la plus véritable à propos d’Adolf Hitler de Dani Levy s’inscrivent dans cette dynamique. Attention néanmoins pour les intéressés : ces avant-premières sont prises d’assaut, ne pas hésiter à se présenter en avance avenue d’Iéna.
Mais, au-delà de ces projections, le Goethe-Institut a mis en place une programmation érudite du cinéma allemand de ces cinquante dernières années. Le rendez-vous, tous les derniers samedis du mois au cinéma L’Arlequin, rue de Rennes, ravira à coup sûr les cinéphiles. Certains grands événements, comme la projection en décembre au Centre Pompidou de la copie restaurée de Berlin-Alexanderplatz de Rainer Fassbinder, film-somme de 15 heures 30, illustre parfaitement l’envie de donner accès aux bijoux du septième art allemand et ce, au plus grand nombre.

Informations pratiques

Goethe Institut
17 avenue d'Iena - 16e arr. - 01.44.43.92.30 - www.goethe.de - info@paris.goethe.org



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En chiffres

. Une équipe de 75 personnes
. Une bibliothèque d’ouvrages littéraires et médias audiovisuels, munie de 7 postes Internet
. 9 salles de classes
. 2 salles de séminaire d’une capacité de 40 personnes
. Une salle de cinéma de 200 personnes avec Dolby et cabine de traduction
. Des cours de langues de tous niveaux, assurés par des enseignants dont l’allemand est la langue maternelle
. Des manifestations le plus souvent traduites en Français.
. Une carte « Amis du Goethe-Institut » qui peut être achetée par toute personne intéressée par les activités présentées. Elle permet l’accès à divers établissements culturels à un tarif préférentiel.